Institut français du Cambodge
Portrait | Séra, « à ceux qui ne sont plus là » Portrait | Séra, « à ceux qui ne sont plus là »
Du 6 octobre au 3 novembre 2016, l’Institut français met à l’honneur Séra, un artiste protéiforme, à la fois peintre, sculpteur, dessinateur et scénariste... Portrait | Séra, « à ceux qui ne sont plus là »

Du 6 octobre au 3 novembre 2016, l’Institut français met à l’honneur Séra, un artiste protéiforme, à la fois peintre, sculpteur, dessinateur et scénariste de bandes-dessinées, né à Phnom Penh en 1961. Venez découvrir ses œuvres ainsi que le travail de mémoire qu’il réalise depuis des années lors d’une exposition dédiée, intitulée « A ceux qui ne sont plus là », dans la galerie de l’Institut.

Découvrez son portrait :

  • Quand avez-vous commencé à dessiner ? Comment est née votre passion pour la bande-dessiné ?

Ma passion pour la BD est un héritage que ma mère m’a transmise : c’est elle qui m’a communiqué cet amour pour les images… et les textes. Je me suis immergé dans les images et j’en ai joué, avant même de savoir articuler des mots, qu’ils soient khmer ou français. Et je me suis mis à dessiner très tôt. Mon premier album de 44 pages, je l’ai réalisé quand j’avais 12 ans.

  • Quels sont vos thèmes favoris ?

L’Histoire. L’Histoire du Cambodge est au centre de mes recherches depuis… 1987, date de ma première esquisse de l’album « Impasse et Rouge », paru en 1995.

  • Quels sont vos dessinateurs ou peintres préférés, ceux que vous admirez, ceux que vous voudriez faire découvrir ?

Il y a beaucoup de talents des plus remarquables en bandes dessinées. Je suis toujours aussi fasciné par les dessins, les œuvres de Moebius, Giraud, Tardi… Dans les auteurs contemporains, je suis admiratif du travail de Mathieu Bonhomme (récemment il a repris le héros Lucky Luke) , de Dominique Bertail (Lire Ghost Money)…Et un auteur d’affiches qui m’éblouit: Laurent Durieux que j’ai découvert à Bruxelles. Mais là, nous sortons du monde de la Bande Dessinée. En peinture, dans la production contemporaine , j’admire les œuvres d’Alechinsky, de Per Kirkeby, de Baselitz, de Phillipe Cognée. La France a eu de très grands artistes peintres en cette fin du XXème sicèle quasi inconnus du plus grand nombre : Pincemi, Gasiorowsky…

  • Quel est votre plus beau souvenir dans votre parcours professionnel ou artistique ? (anecdote à l’appui ?)

Je crois que la présentation de mon livre « L’Eau et la Terre » en 2005 à l’Institut français de Phnom Penh a été un des moments les plus émouvant de mon parcours : j’ai rencontré un public formidable, à l’écoute de mon travail… Fais des rencontres mémorables avec Vann Nath, les musiciens du groupe Véalsré qui étaient venus jouer à cette occasion… et puis tant de monde. Une nuit exceptionnelle !

  • Quels conseils donneriez-vous à un(e) jeune dessinateur pour se lancer ?

Être passionné ! C’est le fondement pour toute chose me direz-vous… Mais pour qui voudrait se lancer en bande dessinée, il faut aussi aimer lire… des livres ! Or, l’écriture est quelque chose que trop de jeunes auteurs négligent. Le dernier grand scénariste (ET dessinateur) était à mes yeux Jean-Claude Forest… Un auteur qui a marqué les anciennes générations avec un personnage iconique comme Barbarella, une série de science fiction; Les naufragés du temps (Forest est décédé en 1998). Lire, donc,  afin de pouvoir s’immerger dans l’art de raconter des histoires.

  • Parlez-nous de vos travaux antérieurs ?

J’ai commencé mon parcours très tôt, à l’âge de 18 ans, mais j’ai aussi pris le temps pour penser mon travail. Je n’ai pas voulu avoir un parcours classique, avec une série qui fidélise un lectorat… Je préfère me lancer dans des récits « indépendants »… Des « one shots ». Une démarche qui s’ancre dans une perspective d’une bande dessinée plus adulte, moins commerciale. Je réalise en moyenne un album par an depuis 1995 même si récemment, ce rythme a un peu diminué car je mène aussi de front un parcours en peinture et sculpture qui m’absorbe toujours plus au fil du temps.

  • Quels sont vos prochains projets ?

Il me faut déjà finir mon roman graphique Concombres Amers : Un album de 312 pages, mon projet le plus ambitieux jamais entrepris à ce jour. Ensuite, il sera toujours temps de repartir sur de nouveaux chemins.